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Comment calculer une hauteur d’eau pour naviguer en wing foil dans une zone spécifique ?

On le sait tous, l’avantage du wingfoil est de pouvoir se mettre à l’eau quasiment partout grâce au faible encombrement du matériel. Cependant, on peut hésiter lorsqu’on ne connait pas l’endroit où l'on compte se mettre à l'eau. Qui n’a pas eu ce moment d’hésitation en contemplant un joli spot encore inconnu ? Comment savoir s’il y a « assez d’eau » pour ne pas risquer d’abîmer son foil ? Je vous propose quelques éléments de réponse.

Homme en combinaison sur planche de wing foil dans eau turquoise avec wing duotone et planche à foil fanatic
Joli spot !

Lorsque je pars à la recherche d’un nouveau spot, l’un de mes premiers réflexes est de me pencher sur la carte marine SHOM. Celle-ci est accessible gratuitement en ligne et dispose de plein d’outils. Mais surtout, elle regorge d’informations telles que la profondeur, la nature du fond, le balisage, etc.

Pour illustrer simplement mes propos, je vais partir d’un exemple d’un spot sur lequel je navigue régulièrement en wingfoil : Pont-Mahé.

Extrait de carte marine SHOM de la baie de Pont-Mahé
Extrait de carte marine SHOM de la baie de Pont-Mahé

Sur le plan ci-dessus, la partie verte est l’estran, ce qui veut dire que la mer se retire à marée basse. Les chiffres soulignés, appelés « sondes soulignées », nous indiquent la hauteur à marée basse à laquelle l’estran est au-dessus du niveau zéro de la mer (le « zéro des cartes ») par un coefficient de 120 (Qué ? ). Autrement dit, il s’agit d’une « photographie » à l’instant où la mer est au plus bas avec la plus grande marée.


Mais, comment savoir à quel moment je vais pouvoir naviguer ? C’est très simple. Il faut calculer la hauteur d’eau minimum ainsi que l’heure à laquelle il y aura cette hauteur.


Quelle hauteur d’eau minimum pour me mettre à l’eau en foil à Pont-Mahé ?

On va prendre la hauteur d’un foil de 70cm à laquelle on va ajouter 50cm de marge de sécurité (appelée « pied de pilote » dans la plaisance) soit 1m20. Si on souhaite se mettre à l’eau à la pointe de l’Espernel (c.f. plan ci-dessus), on va prendre la sonde la plus proche du bord et l’additionner au pied de pilote soit : 2,90 + 1,20 = 4,10m. A présent, nous savons qu’il faut au minimum 4,10m en hauteur d’eau pour partir.


Un stagiaire débutant pendant un cours de wingfoil à Pont-Mahé homme debout sur une planche qui tient une wing
Stagiaire wingfoil à Pont-Mahé


A quelle heure je peux me mettre à l’eau en wingfoil ?

Il suffit d’aller sur un calculateur de marée (Marée Info), de choisir un port à proximité et d’y inscrire 4,10m. Tout ce qui se trouve au-dessus de la droite tracée nous indique une profondeur d’eau suffisante pour naviguer avec notre foil de 70 cm. Dans l’exemple ci-dessous (marée de Saint-Nazaire, le 3 août 2023, coeff. 102), je peux donc naviguer entre environ 4h00 et 9h30 ou entre 16h00 et 22h00.


Hauteur d'eau marée du 3 août 2023

A noter également que d’autres facteurs ont une influence mineure sur la hauteur d’eau tels que la pression atmosphérique, l’orientation et la force du vent…


Quelles sont les autres informations utiles ?

Certes nous savons à quel moment partir mais il faut aussi tenir compte de l’environnement dans lequel on va évoluer. En effet, la carte indique certains « dangers » comme les zones rocheuses, les parcs à moules/huîtres, les zones ornithologiques, les épaves, etc. etc. La nature du fond est également à considérer et elle est indiquée par des abréviations en anglais. En voici quelques-unes faciles à retenir :

S (sand) = sable M (mud) = vase R (rock) = rochers Wd (weed) = algues


Homme portant matériel de wing foil coucher de soleil falaise
Chaussons recommandés !

Tout cela reste bien entendu une approche théorique qui nous donne un aperçu du fonctionnement du spot. Ce qui est important aussi, c’est d’aller piocher les informations auprès des riders locaux (par exemple les groupes Facebook), des centres nautiques ou des professionnels qui ont l’expérience du spot et qui pourront vous fournir d’autres éléments que vous n’avez peut-être pas considérés (effet de site, shore break, piquets, filets de pêche, etc. etc.). Enfin, prenez connaissance de la réglementation locale de la pratique et soyez toujours vigilant vis-à-vis des autres usagers.


Analyser un spot fait partie du développement du sens marin du pratiquant. C’est ce que j’essaie de développer auprès de mes stagiaires lors des cours de wingfoil afin qu’ils puissent devenir autonomes rapidement et sécuriser leur pratique.


Et vous, quelles sont vos habitudes lorsque vous allez sur un nouveau spot ?


N'hésitez pas à commenter et à partager cet article !


Benjamin.

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1 comentario


Article très intéressant pour les débutants, on y apprend beaucoup 👍

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